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  • : La formule politico usu insolente implique une vision idiosyncratique détestable de l'espèce humaine. A travers les différents thèmes abordés lors des relations écrites que je popose, je souhaite un échange d'idées et d'analyses sur les fais de société.
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politico.usu.insolente

Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 10:49
Salves,

La France, puis l’Irlande n’ayant pas satisfait aux exigences de leurs élites aux questions référendaires portant sur un élargissement de l’Europe, se voient sanctionner. Nous, en étant museler par le traité de Lisbonne, sous les bons soins de Nikos 1er  qui, d’un coup de baguette magique transforma les nonistes en ouistes. Les Irlandais, de manière davantage dictocratique, conviés à reformuler leurs opinions. Ouf, célèbrent nos bons samaritains, « ils » ont dit oui !

Plaudites, cives !

Je ne cesse de le clamer depuis des années, nous sommes installés dans la démocrature. S’il est vrai que nous restons, par manque de connaissances, complices et coupables de nos errements citoyens, n’oublions pas que depuis deux siècles jamais le peuple ne fut autorisé à se gouverner, ni à obtenir le pouvoir. Nous sommes bien dans un régime oscillant entre démocratie et dictature, à savoir la démocrature. A l’évidence, le vote et la conscience citoyenne des uns (en l’occurrence la majorité) demeurent ignorés, piétinés, bafoués au nom de l’intérêt de nos DIRECTEURS et de leurs amis monopolistes. Jouant également sur la tristement célèbre versatilité des brebis galeuses, gageons qu’ils sablent la victoire à coups de Dom Pérignon à 500€ la boutanche, dans un priapisme extraordinaire, sidérant la tentation de la gente féminine les entourant.

Reconnaissons, Absalon, le talent consommé de nos dirigeants. Car c'est quoi la démocratie ? Le pouvoir du peuple, pour le peuple, et par le peuple. Ça, c'est la théorie. Dans la pratique, l'offre de politique est réduite, complètement entre les mains des appareils qui choisissent eux-mêmes leurs leaders. Le peuple n'influe que très peu, voire pas du tout sur le choix de ses représentants : ceci est beaucoup plus l'affaire des appareils que celle du troupeau grégaire. Nous savons bien que les gouvernants sortent tous du même moule ! En France, c'est l'X et l'ENA, pour l'essentiel : passer d'un camp à un autre ne représente pas forcément une césure de la vie politique. Voir le dernier en date, celui qui recommanda aux uns de sortir « son » instrument le jour de la musique.

Ensuite, et Sarkozy en est une éclatante illustration, les candidats à un poste, fût-il national ou local, se font élire sur un programme. Et tout le monde sait ce qu'il en advient une fois le candidat devenu premier magistrat de la ville ou du pays : la réalisation peut n'avoir qu'un lointain, voire aucun, rapport entre le programme électoral et la politique effectivement menée. On ne compte plus les (grands) écarts entre le programme de « rupture » et ce que fait effectivement Sarkoléon ! La rupture, le point de croissance qu'on devait même aller chercher avec les dents, la baisse des impôts, la lutte contre la délinquance au sein des quartiers que l'on devait « karchériser », de la fumisterie de campagne électorale. Il n'y a plus que la vieille garde à la sauce Lefebvre et Hortefeux pour soutenir aveuglément Sarko. Démocratique l'élection présidentielle de 2007 ? On « nous » a demandé de « nous » prononcer sur un programme qui n'a pas encore eu le début d'un commencement d'exécution, plus de 2 ans après l'élection ! Dire que Sarko a été élu « démocratiquement » est un leurre, une tromperie, un dénigrement ! Quid du point de croissance, de la disparition des SDF - hormis leurs trépas programmés - de la sécurité dans les banlieues ! Nous aurions au moins un semblant de démocratie par respect de la parole donnée !

La plupart des lois sont rédigées par des hauts fonctionnaires énarques des ministères, incompréhensibles pour le profane et il n'est pas dit que ces dernières soient bien comprises par nos représentants, lesquels, faut- il le rappeler, ne sont nullement contraints par un mandat impératif. Là est le nœud de la supercherie. Ils sont autrement plus contraints par ... la discipline de vote que leur imposent leurs partis ! Quant au référendum, c'est poser une équation au peuple pour qu'il réponde à ... une autre !

Enfin, n’oublions pas que l’intérêt personnel des dirigeants est la faiblesse, la misère et l’incapacité du peuple à se soustraire au joug et au servage. L’ultralibéralisme écrase l’ouvrier, crée des clivages, maintient les inégalités d’une société de classe. L’ouvrier toujours désargenté, constamment mis en affront devant le luxe et, maintenant, le strict nécessaire. Que dire, Absalon, de ces abus de toute nature, de ces orgies d’appétits et d’ambitions, des vices de l’agiotage ? Qu’espérer du passage de la doctrine bourgeoise au libéralisme sans loi, cette palinodie, cette preuve intangible de l’opportunisme foncier ? Comment le populo peut-il endurer les attributs méphitiques des coulisses du pouvoir, du décorum pestilentiel et des agissements humiliantes de la sphère politico-financière, et prétendre à sa liberté ? Grâce à la religion, la télé, le people, le foot… pardon de la répéter, mais j’ai retrouvé enfin la phrase de Synésius, philosophe grec, VIIes. Av. J.-C. « La vérité doit être cachée, il ne faut donner aux foules qu’un enseignement proportionné à leur intelligence bornée ». Limpide de vérité.

Il en demeure pas moins vrai que rien ne change. Ier siècle ap. J.C., Rome comprenait 2 millions d’esclaves pour 6/7 millions de citoyens libres.

Et le pire reste à venir, j’en suis intimement convaincu. Nous sommes aux portes d'une société de travailleurs sans travail, c'est à dire privés de leurs sources existentielles, de leur liberté, de leur utilité. Terminée la chair à usine, chère à mon maître Zola. En outre, je l’ai déjà évoqué, notre système économique tend vers une sinisation des salaires.

B.

Par Bernard - Publié dans : politico.usu.insolente
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 10:43
Salves,

L’état de santé sociale de la France, tout comme celui de la plupart des pays européens, demeure préoccupant pour les catégories besogneuses. Depuis une trentaine d’années, curieusement sous le double septennat socialiste, la fracture sociale ne cesse de s’accroître. La pauvreté s’étale au prorata des richesses engrangées par les possédants. L’existence devenue surréaliste pour les travailleurs lambda ne procède que par la rigueur budgétaire, des salaires de la honte, des contraintes difficiles, de la pénibilité et de l’horreur du chômage. Depuis les années quatre-vingt, l’arrogance patronale reste de mise, le pouvoir d’achat stagne, voire s’effrite, tandis que la vie s’écoule douloureusement, toujours plus incertaine, instable, laborieuse et, souvent, insupportable. S’il demeure exact de faire porter cette désocialisation au patronat, l’implication du pouvoir politique est tout autant responsable. Les premiers en créant l’artificialité d’une mondialisation économique qui s’abreuve dans la tourmente imposée aux travailleurs de la planète par la dérégulation du code du travail et de l’éthique. Les emplois à mi-temps, à tiers-temps, la productivité dominante, les délocalisations, facteurs de drames terrifiants pour les licenciés sont devenus le parangon d’une société à plusieurs vitesses où l’opulence éhontée accable les miséreux dans la turpitude et le déclin social. Obsédé que je suis par les apophtegmes de Juvénal - et d'autres encore - cette circonvolution, trop liée, autour de ce thème ne peut être omise.

 

Heureusement, il y a le foot. Tous les quatre ans, les dieux du football garantissent un mois de tranquillité planétaire aux différents gouvernements, dont le nôtre. Aux quatre coins de l’Hexagone, aux seins de certaines entreprises, de plus en plus de bistrots qui, consommation oblige, proposent la retransmission des matchs sur des écrans géants ; ainsi que dans la plupart des chaumières, la France cocardière s’émeut, se lamente, trépigne, exulte, ironise ou s’extasie aux confins d’émotions souvent insoutenables. Des millions de gens de toutes catégories se rassemblent, s’unissent, braillent, vocifèrent, se répandent en joie exacerbée ou en larmes incontrôlées. C’est selon ! Par millions, le peuple se regroupe, s’unit jusqu’à l’osmose. La nation demeure les yeux rivés sur la télévision où sourdent les superlatifs des commentateurs experts en communication. Le hourvari et l'anathème pour l'adversaire, le recueillement, les hourras et le don de soi pour « son » équipe. Les flashs crépitent, les Unes en font leurs choux gras, les chaînes se déchaînent, les émissions spéciales se multiplient, la parole est donnée aux footeux analphabétisés. Quant aux rediffusions, elles fleurissent à longueur d’ondes hertziennes et câblées !

Les intéressés se délectent, face à une telle profusion d’images et de son, bien calés devant leur fidèle téléviseur haute définition. Ils s’abreuvent d’infos, revoient en boucle les documents importants, les fautes, les penalties et autres coups francs, à quelle minute de jeu le numéro 7 s'est gratté le fondement, le nombre de crachats répandus sur le gazon, mais également les trop nombreuses simulations rarement sanctionnées – c’est du foot, merde – ou bien encore les hors-jeu non signalés ou évidents… Selon que l’on soit dans un camp ou dans l’autre, les intérêts divergents, les témoignages et les explications suivent des voies profitables pour les deux camps. Là, dans une pagaille indescriptible, assenés de lazzis, de rodomontades et de frustrations, de hurlements, de colère et d’irritation, voire d’agressions verbales et physiques (voir l'actualité, en effet), les modèles du respect et de l’entente cordiale font tout ce qu’ils peuvent pour vaincre. Et oui ! Regardons ces pseudos supporteurs complètement avinés, puant l’anis, le vin ou la bière, voir emplis de substances opiacées, la barre à mine, le couteau (à quand le C4 autour de la ceinture) ou la batte de base-ball sous le blouson, les yeux remplis de haine et de dénégation contre le camp d’en face, toujours prêts à en découdre, jusqu’à la mort. De véritables barbares conditionnés tel un plasma pustulaire, à l’arrogance inepte, à une médiocrité sans limite. Le tout, sous le regard amusé de nos élites. Au moins, ces derniers connaissent la tranquillité. En détournant les citoyens des vrais enjeux de notre quotidien, cette guerre larvée (le foot, les JO…) demeure une aubaine pour les politicards.

 

Dans notre monde moderne les perdants n’ont pas leur place. Dès lors qu’en est-il des valeurs moralisantes distillées par les caciques de l’hypocrisie et de la malhonnêteté ? Afin d’asseoir la victoire coûte que coûte, que penser des artificieux entraîneurs, des présidents âpres aux gains, des communicants moulés dans le manichéisme fétide ? Qu’en est-il de cette boue pestilentielle jetée sur la plèbe complaisante puisque complice jusqu’à l’hérésie, la déification, la glose dithyrambique ? Le respect de l’autre, vaste vœu pieu. Panem et circenses. Comment ne pas interpréter cet aphorisme juvénalien comme l’ingrédient principal d’une société lobotomisée, en perte de véritables valeurs humanistiques, offert par des gouvernements empêtrés dans leur incapacité à relever les défis réels de la société, mais également soucieux de préserver une aura régalienne, notamment celle qui permet l’acquisition du prestige, de la puissance et de l’aisance matérielle ? Déjà tout petits, les gamins apprennent à utiliser la triche footballistique, poussés en cela par les spécialistes de la victoire à tout prix. Le pouvoir politico-médiatico-financier, celui qui réunit en son sein l’élite mondiale, peut continuer à narguer la plèbe, à dominer le troupeau grégaire, à pérenniser sa suffisance. Quant aux autres, les miséreux, les chômeurs, les allocataires de prestations sociales, les gosses non rémunérés que les entreprises utilisent depuis des années et tous les bâtards planétaires dont le seul intérêt existentiel procède aux usages que peuvent en effectuer les exploitants de tout ordre, qu’en dire. Il est vrai que ces esprits prostrés devant les lobbyings ne méritent aucune reconnaissance. Certains spécialistes de la psychanalyse et de la sociologie se répandent sur ces agissements d'une société montrée comme exemplaire et libre. Ahurissant de sous-médiocrité !

Un jour prochain, quelques contemplateurs se pencheront sur une réalité aussi comique que sordide : comment les crèves-la faim peuvent-ils, de la sorte, glorifier les milliardaires du ballon rond et les porter sur les fonds baptismaux d’un déisme primaire ? Serait-ce un réflexe de la contemplation pavlovienne ? Enfin, concernant les violences, les bagarres et les meurtres, comment voulez-vous attendre autre chose de ses millions de décérébrés dont l’horizon événementiel s’arrête à la réussite ou à l’échec d’un vulgaire coup de pied dans une sphère de cuir gonflée ? La haine de l'autre demeure leur raison d'être.

B.


Par Bernard - Publié dans : politico.usu.insolente
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 10:41

Salves,

Les nombreuses contradictions entre experts interposés sur le canevas de la mondialisation apportent elles-mêmes leurs lots d’inconnues équationnelles. Cela me rappelle la boutade de Synésius qui disait (à quelque chose prés) : « Il ne faut donner qu’un minimum d’informations à l’intelligence bornée de la plèbe ». Contrôlée, canalisée, entretenue, orientée (pub, télé, infos tronquées, le paraître et l’avoir…), cette intelligence ne peut devenir un contre-pouvoir aux yoyos bancaires, boursiers, spéculatifs, ni combattre les privilèges insultants de d’aucuns. La répartition des richesses reste un leurre. La mécanicité des profits honteux est telle, qu’aucun gouvernement ne peut (ne veux) l’enrayer.

J’écrivais, il y a longtemps, sur la sinisation des bas salaires, la remise en cause des progrès sociaux conquis dans le sang et les souffrances, une France patrie des loisirs et du tourisme. Sans être un vaticinateur des oracles populistes, l’actu, hélas, me donne raison. Demeurant dans la ligne analytique que vous dressez, je pense néanmoins que NOUS - le troupeau grégaire - ne méritons pas mieux.

Alors, un peuple de SDF, de miséreux, de serfs à la botte des ENTREPRENANTS, des MERITANTS, des CREATEURS DE RICHESSES ? Nous nous y dirigeons. La mondialisation devenue l’airain du misérabilisme zolien, je le crois fermement. Le bonheur que vous évoquez dans une centaine d’année, aux dépens de centaines de millions de femmes et d’hommes sacrifiés, n’aura pas de raison d’être. L’ « homo homini lupus » de l’ami Plaute restera de rigueur. Si l’erreur est humaine, ne sommes-nous pas nous-mêmes une erreur ?

B.

Par Bernard - Publié dans : politico.usu.insolente
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 10:37

Salves,

Advenu peu après la fin de la der des der, vous savez celle qui fit beaucoup de « place » et autorisa, structurellement, les Trente Glorieuses, il me semble que les discours et les simulations de replâtrages sociaux de nos dirigeants demeurent malheureusement du même terroir. Concernant les hâbleries et autres roueries sarkozyennes, mises au niveau de celles d’une Gauche qui n’a pas plus de crédibilité, voyez les années mitterrandistes et jospinistes, je ne sais plus ce que représente le mot démocratie. De Giscard à son ennemi intime, devenu l’homme politique préféré des Français (pauvre valetaille…), en passant par « dieu » - sans majuscule - et le présidentialisme de Sarko 1er, sans omettre l’ensemble des hérauts de chaque gouvernement successif, combien de parodies ? Combien de combines, de cautèles et de manigances ? Combien de fois le fameux « rassembler le plus large possible » fut-il actionné, défendu, exposé à la clémence populaire ? Combien de « je vous ai compris », de « faîtes-moi confiance », de « je me battrais avec vous, pour vous » ? Las ! visitons l’historique de ces quarante dernières années.

Chacun d’entre-nous se détermine, selon sa préférence et ses intérêts, sur un candidat, un parti, voire, et c’est consternant, sur une image. Au-delà des choix, des idéaux mis en exergue par les uns et les autres, et ayant vécu toutes ces années, où c’était promis, juré, tout changera, et où RIEN n’à véritablement changé, je me demande vers qui accorder ma confiance citoyenne. Lassé des rodomontades et des jocrisses de la rhétorique tribunitienne, tous les hommes (pardon de masculiniser) ont pour point commun leur CDI de la mandature, leur carriérisme salutaire.

Je peux comprendre que vous ayez une sympathie louable pour l’un ou l’autre des impétrants aux hautes fonctions de la République, du moins ce qu’il en reste. J’admets également l’alternance politicienne, mais raisonnons, que représente aujourd’hui l’homme politique face à la dominante de l’argent ? En outre, depuis les années quatre-vingts, nous sommes devenus une société du paraître et de l’avoir, sans responsabilité ni devoir, nous accommodant dans le strass et les paillettes. Heureuse embellie pour les responsables politiques en charge de nos destinées. En effet, ce que je nomme le big-brothérisme intellectuel et comportemental, c'est à dire notre affligeante et honteuse pleutrerie, est devenu, à la faveur de nos coupables errances, l’airain de la société moderne. Certes, de-ci de-là quelques batailles se déroulent. Certes, les amalgames ne sont pas autorisés, mais enfin, regardons les choses en face et sachons reconnaître que les dés restent pipés.

L’Histoire en témoigne, les insultent et autres imprécations nombrilistes font et feront la une des journaux. Les copinages (voir le dernier en date du vicomte vendéen), les basses manœuvres, les discours haineux, les logorrhées pestilentielles, les admonestations fielleuses et les machineries souterraines rempliront les espaces de médiacratie.

la formation d’avocat prédestine aux plus hautes fonctions étatiques. Mitterrand, Sarko lui-même… Excellents bateleurs, démonstrations théâtralistes, rigueurs de l’emphase et dialectiques marivaudiennes sont leurs arsenaux. Nous, scotchés dans nos illusions, nous nous confinons dans l’attente, l’espoir… Et encore l’attente, toujours l’espoir.

Sans nulle équivoque, depuis deux ans, je me défends de toute idée de vote.

B.

Par Bernard - Publié dans : politico.usu.insolente
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 10:35

Salves,

La privatisation des services publics est en marche accélérée, dites-vous. Soit ! Souvenons de Denis Kessler, ce grand patron français devenu vice-président du MEDEF qui disait que la France deviendrait une étape touristique. Exit l’industrie et tout ce qui concoure à l’enrichissement du PIB. Seulement du service. Exit cette masse prolétarisée, braillarde, revendicative, dont l’entretien ne peut procéder des fondamentaux de l’ultralibéralisme. Bien que s'affichant marxiste et même maoïste, dans sa jeunesse, Kessler défend une remise à plat totale du modèle social français comme il l'a confié au magazine Challenges en octobre 2007 : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance [...] Il est grand temps de réformer, et le gouvernement s'y emploie [...] La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception [...] Il s'agit aujourd'hui de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance. » 53% de nos concitoyens ont offert un blanc-seing au monarque (voir la théâtralité observée dans les lieux lambrissés de Versailles, hier lors de la convocation verticale des sénateurs et autres thuriféraires de la mandature en CDI). D’un côté, outre les libéraux, ont trouve nécessairement la grande majorité du patronat, les affairistes de tous calibres, les agioteurs et autres pestiférés de l’opportunisme sans loi. Au centre, le sieur Bayrou, ou plutôt ce qu’il en reste, et ses récents avatars cohn-benditiens. Le petit Nicholas s’en frotte encore les mains. Le restant, nous-mêmes, esseulés, hagards devant ces gabegies indigestes, ce non sens à la vie de facto méprisée, reniée et combattue. Nous et nos faiblesses, nos sempiternelles attentes vers une entité protectrice, incluante, constructrice où l’éthique supplanterait l’inique, que faisons-nous ? Tripoter un clavier (merci pour moi), faire feux de saillies particulièrement épineuses à l’endroit de nos prétendues élites, analyser et décortiquer comme il se doit les manœuvres marivaudiennes ; dénoncer les concussions politisées, les mensonges d’Etat, les chausse-trappes politiciennes…

Mon ami Nietzsche, laissa pantois la planète chrétienne lorsqu’il sortit : « Dieu est mort ». Quand donc feront-nous les funérailles de la démocratie, ce modèle politique le moins mauvais, comme l’exprimait Churchill ? Aujourd’hui, seule la rentabilité compte. Ni les millions de vies bafouées, éteintes ou confinées dans l’à-peu-près, la variable d’ajustement et la précarité, ni les attentes sans fin, toujours atermoyées jusqu’aux Calendes grecques, pour quelques améliorations existentielles. Quant à l’école, mais aussi l’université, le constat qu’elle impose reste significatif. Le cortège des nuisances de l’ultralibéralisme fonde de nouvelles dispositions. Pertes des acquis sociaux, remise en cause d’un seuil a minima pour les salaires les moins favorisés, décrédibilisation de la fonction politique et donc des serviteurs de l’Etat. Aussi les services publics étatiques établis au sortir de la dernière guerre demeurent, in fine, une atteinte au leadership de nos DIRECTEURS. Pour ce qui est de l’écroulement que vous envisagé et qui, selon vous, entraînerait la rédemption d’un humanisme salvateur, permettez-moi de ne plus y croire. C’est une antienne, mais méritons-nous mieux ?

Par Bernard - Publié dans : politico.usu.insolente
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