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Salves,
La privatisation des services publics est en marche accélérée, dites-vous. Soit ! Souvenons de Denis Kessler, ce grand patron français devenu vice-président du MEDEF qui disait que la France deviendrait une étape touristique. Exit l’industrie et tout ce qui concoure à l’enrichissement du PIB. Seulement du service. Exit cette masse prolétarisée, braillarde, revendicative, dont l’entretien ne peut procéder des fondamentaux de l’ultralibéralisme. Bien que s'affichant marxiste et même maoïste, dans sa jeunesse, Kessler défend une remise à plat totale du modèle social français comme il l'a confié au magazine Challenges en octobre 2007 : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance [...] Il est grand temps de réformer, et le gouvernement s'y emploie [...] La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception [...] Il s'agit aujourd'hui de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance. » 53% de nos concitoyens ont offert un blanc-seing au monarque (voir la théâtralité observée dans les lieux lambrissés de Versailles, hier lors de la convocation verticale des sénateurs et autres thuriféraires de la mandature en CDI). D’un côté, outre les libéraux, ont trouve nécessairement la grande majorité du patronat, les affairistes de tous calibres, les agioteurs et autres pestiférés de l’opportunisme sans loi. Au centre, le sieur Bayrou, ou plutôt ce qu’il en reste, et ses récents avatars cohn-benditiens. Le petit Nicholas s’en frotte encore les mains. Le restant, nous-mêmes, esseulés, hagards devant ces gabegies indigestes, ce non sens à la vie de facto méprisée, reniée et combattue. Nous et nos faiblesses, nos sempiternelles attentes vers une entité protectrice, incluante, constructrice où l’éthique supplanterait l’inique, que faisons-nous ? Tripoter un clavier (merci pour moi), faire feux de saillies particulièrement épineuses à l’endroit de nos prétendues élites, analyser et décortiquer comme il se doit les manœuvres marivaudiennes ; dénoncer les concussions politisées, les mensonges d’Etat, les chausse-trappes politiciennes…
Mon ami Nietzsche, laissa pantois la planète chrétienne lorsqu’il sortit : « Dieu est mort ». Quand donc feront-nous les funérailles de la démocratie, ce modèle politique le moins mauvais, comme l’exprimait Churchill ? Aujourd’hui, seule la rentabilité compte. Ni les millions de vies bafouées, éteintes ou confinées dans l’à-peu-près, la variable d’ajustement et la précarité, ni les attentes sans fin, toujours atermoyées jusqu’aux Calendes grecques, pour quelques améliorations existentielles. Quant à l’école, mais aussi l’université, le constat qu’elle impose reste significatif. Le cortège des nuisances de l’ultralibéralisme fonde de nouvelles dispositions. Pertes des acquis sociaux, remise en cause d’un seuil a minima pour les salaires les moins favorisés, décrédibilisation de la fonction politique et donc des serviteurs de l’Etat. Aussi les services publics étatiques établis au sortir de la dernière guerre demeurent, in fine, une atteinte au leadership de nos DIRECTEURS. Pour ce qui est de l’écroulement que vous envisagé et qui, selon vous, entraînerait la rédemption d’un humanisme salvateur, permettez-moi de ne plus y croire. C’est une antienne, mais méritons-nous mieux ?
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