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Salves,
Des chiffres du chômage exponentiel, des vies brisées, des parcours professionnels fracassés sur l’autel de la rentabilité et des plus values, et, conséquemment, des fractures affectives, relationnelles et existentielles restent le lot de millions de nos congénères, ces variables d’ajustement dont la valeur équivaut à celle d’un simple kleenex.
Selon une étude de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact), rendu public mercredi, 41 % des salariés français se déclarent stressés, et même 13 % très stressés, selon cette étude réalisée pour la 6e "Semaine pour la qualité de vie au travail" et présentée mercredi par Jean-Baptiste Obéniche, directeur général de l'Anact. Parmi les "exigences personnelles", le sentiment de ne pas être rémunéré à sa juste valeur est le premier motif invoqué (43 %), devant le manque de reconnaissance (25 %) et l'inquiétude de ne pouvoir faire face aux exigences (21 %). Le manque de soutien de la hiérarchie (33 %) et les conflits dans le travail (30 %) sont les principales causes citées par ceux qui évoquent le relationnel - cette verticalité de la dialectique - comme cause de stress, tandis que ceux qui évoquent "les changements dans le travail" dénoncent un manque de moyens (37 %), l'obligation de s'adapter en permanence (31 %) et les changements de rythme (23 %). Eloquent !
Parallèlement, le club de football de Madrid, et pour ne prendre que cet exemple, vient de s’offrir les services d’un bipède, aussi talentueux soit-il, pour la modique somme de 93 millions d’€. Cette normalité admise, nous pouvons aisément comprendre l’ampleur de la déconsidération du salariat. Il est vrai que se sont majoritairement ces gens de peu qui remplissent les stades, vociférant, s’avinant, hurlant, le torse luisant de matières adipeuses ; cela reste un autre débat. Aussi, que vaut la personnalité d’une secrétaire rivée sur son ordi des heures durant à satisfaire les exigences économiques de la société qui l’emploie. Que dire de l’infirmière, de la sage-femme, de l’ensemble des personnels de santé, de toute cette société de travailleurs aspirant à vivre dans la dignité et la reconnaissance ! Ces différences ne sont que de curieuses diffractions au travers d’un prisme normatif établi depuis la nuit des temps. Le peuple souverain au sein d’une démocratie. De quelle démocratie parlons-nous ? Prétendre à normés quelques faveurs comptables (dans ce cas abyssales) sous-tend trouver conforme l’appauvrissement et la précarité des miséreux. Laisser végéter le bas peuple dans le salaire d’airain, ne peut procéder à l’élargissement démocratique, ni à son idéal, ni à son respect. Voir le taux d’abstention record pour les Européennes, vous savez, celles qui devaient garantir la paix sociale, l’enrichissement des classes salariales par l’ouverture des marchés. Revendiquer une position sociale éloignée de toute insécurité (cela ne devrait-il pas échoir à chacun d’entre-nous ?) augure, avec un étrange rayonnement, une certaine concussion empyreumatique politico-sociale. Combien applaudissent à tout rompre à l’obtention de ces scandales salariaux, de ces différences intergalactiques ? Et oui, hélas ! Sauf que lorsque ces derniers (pas nécessairement le vôtre, amis lecteurs !!!) sont plus de 20 à 1000 fois ceux d’une plèbe déconfite, abrutie par le trepalium, figée dans les impératifs à pourvoir à ses besoins primaires et conditionnée savamment par nos élites politico-financières, cela ne relève-t-il pas de l’immoral, de la forfaiture, de l’insulte, tout simplement ?
B.
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