Le tsar Nicolas Sarkozy démontre son antagonisme contre cette chienlit de Rmistes, ces salauds qui méritent bien qu’on les punisse d’être pauvres et de survivre avec 454 euros par mois. Au début de l’année, son gouvernement, soucieux de préserver les biens publics avec toute la déontologie nécessaire, a décrété la transparence sur le train de vie des allocataires de minima sociaux. En raisons d’un certains nombre de tricheurs (c’est vrai, toute entité comporte son lot de « farceurs »), l’ensemble des 1,1 millions de bénéficiaires de ces minima sociaux vont être scrutés, détaillés, pourchassés afin que soit sauvegardée la respectabilité des dames patronnesses à la pâle morale. Si débusquer quelques cas malhonnêtes s’apparente à une véritable chasse aux sorcières généralisée et devient l’airain de la justice sociale, alors que dire des fastes de Nicolas 1er au soir de son élection. Rappelons-nous le Fouquet’s, le transport en jet et en yacht privés de son pote Bolloré – vous savez, ces gens qui travaillent tellement que je me demande comment font-ils pour trouver celui de se reproduire – une auto-augmentation présidentielle de 172 % afin de subvenir sans doute à un divorce planifié, un remariage programmé et pourvoir à quelques dépenses luxueuses, voir par exemple une Rolex à 50 000€. D’où proviennent les fonds, comment ont-ils étés acquis, offerts ? Alors, fouiller dans le train de vie de ceux qui survivent en dessous du seuil de pauvreté s’appelle comment ? Gageons que les CAF pourvoiront au redressement salvateur et moralisateur tellement souhaité.
Entre les salariés et les assistés se sont élevées des frontières d’incompréhensions. Les premiers condamnant véhémentement, si ce n’est haineusement, les seconds de se complaire dans l’assistanat. Cela peut en concerner un certain nombre ! Mais vivoter avec 454€ mensuel, rester prostré dans la négation, l’inemployabilité chère à d’aucuns, les ravages de l’oisiveté et de l’inutilité ne peut procéder de volontés délibérées, choisies, satisfaisantes. Quant aux « chanceux » d’avoir un emploi, ils sont souvent travailleurs précaires, ouvrières à mi-temps, esclaves des centres d'appels. Afin de rassurer nos champions de l’ultralibéralisme, pourquoi ne pas cesser toutes formes d’aides sociales. Que les gens crèvent dans la rue, sur un bout de carton humide placé sous un pont, une porte cochère… Ah, oui, cela fera désordre, bof ! Mon bon monsieur, il faut bien démassifier l’emploi, cela revient trop cher, n’est-ce pas…
Pour autant, et je le répète souvent, comment les élites ne pourraient mépriser les variables comportementales et idéelles de la plèbe ? Par quels mécanismes obscurantistes de la psychanalyse la masse grégaire renforce l’ensemble des pouvoirs qui lui sont contraires en ne constituant pas un contre-pouvoir démocratique ? S’il est vrai que le misérabilisme zolien (quoique…) n’est plus, la misère demeure, la précarité s’accentue et des pans entiers de la population restent confinés dans le glauque, la meurtrissure et la haine. Jusqu’à quand, peut-on se demander ?
B.
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