Au terme de cette première journée très protocolaire, la reine Elizabeth a célébré les bonnes relations entre les deux pays, lors d'un banquet de 146 couverts offert au château de Windsor à Nicolas Sarkozy, en queue de pie, et son épouse en robe fourreau bleu marine.
146 COUVERTS, A COMBIEN D’EUROS L’UNITE, SVP ?
Et pendant ce temps là en France comme en Angleterre, beaucoup demeurent préoccupés par la grisaille de leur quotidien et les fins de mois inaccessibles. Qu’importe, les reines et les présidents
s’en donnent à cœur joie. Du faste, du munificent (au nom du peuple anglais), des carrosses couverts d’or sous le sceau de l’humilité, au nom de la démocratie où plutôt de la ploutocratie. La
cour de Louis XIV à la sauce du troisième millénaire, relayée en boucle par des medias en mal de scoops révélateurs et peoples, et suivie par les serfs de la modernité. C’est beau, c’est grand,
c’est démocratique. De voir ces JT au garde à vous, afin de nous vendre le glamour et la bonne chère souhaités par l'Elysée.
Rien de tel qu'un plongeon dans le luxe et le strass pour nous le requinquer le Nicolas. A force de serrer des mains de pauvres, ça nous l'avait rendu tout mou.
La Reine, Carla, Sarko, Philip, tous aussi inutiles les uns que les autres, suivis par leurs hérauts cireurs de pompes, Dati, Yade et Kouchner, les représentant de
la France moderne, travailleuse et fière de son admiration devant ce décorum clownesque et pompeux.
Du pain et des jeux. Et le plan de rigueur, ils l'annoncent quand ?
Au-delà de cette indéfectibilité des pouvoirs conférés au peuple par la Constitution, mais que les élites se sont empressées de conserver à leurs desseins inavouables et à leurs privilèges autoproclamés (le rapt de la démocratie), je trouve lamentable l’étrange silence de la plèbe. Je condamne cette forme de béatitude exacerbée, cette autolâtrie populaire, ce blanc-seing offert par les rustres pour les profiteurs du clinquant et de la démesure.
Si nous nous mettons un instant à la place des Rois qui nous gouvernent, alors que nous ployons l’échine, lisons une presse peoplelisée, applaudissons le faste déployé, trouvons normal cette magnificence, ce luxe et ce vol des deniers publics, que pense-t-ils de nous, selon vous ? Une bande de clébards rugissant, vociférant, mais, malgré tout, satisfaite des apparats royaux et ostentatoires de ses élites.
Allez, les gueux, au boulot, et si vous pouviez connaître le trépas le premier mois de votre mise à la retraite, ouf, merci, se serait bon pour la santé du pays.
Ave, Juvénal, je t’invoque souvent et tu ne cesses de prendre chaque jour davantage de justesse à mes yeux. Ton fameux « Panem et circenses » devrait laisser la place à « Au diable, la pourriture intellectuelle et comportementale des masses besogneuses, abêties et décérébrées ».
Plébéiennement vôtre,
BERNARD.
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