Salves,
Selon le souhait de notre ministre de l'EN, Xavier Darcos, il faut bien sûr comprendre par son analyse pertinente que les matières culturelles offertes aux gens du peuple d’en bas, ne sont pas d'un grand intérêt pour ses amis patrons. En fait, depuis les années 80, les grands patrons européens font pression auprès des gouvernements afin que ceux-ci fabriquent, orientent et abêtissent (au sens réflexif du terme) des élèves en fonction de leurs besoins, une production à la demande en somme. C'est-à-dire à garantir au patronat moderne des esprits lobotomisés, aptes à s’inscrire dans l’une ou l’autre filière. Bref, la progéniture des masses laborieuses se fourvoiera dans le besogneux, la discipline, l’obéissance au doigt et à l’œil, pendant que les fils et les filles des quartiers huppés se réaliseront le long de cursus prometteurs, constructifs et porteurs d’espérance.
Cette continuité moyenâgeuse verra les premières classes faire « semblant » pour quelques milliers d’€ mensuels, tandis que les disgraciés sociaux se conteront de travailler la soudure,
le balayage, la maçonnerie, les métiers de bouche…, pour 1000 € par mois.
Le but caché de cette droite infâme est simple : retirer au peuple la possibilité même de réfléchir, de se développer, de se réaliser. Il s’agit de tout entreprendre pour que les philistins ne
viennent s’acoquiner avec les patriciens ; de tout faire pour que la plèbe ne puisse jamais imaginer une autre vie que celle imposée par sa classification sociale originelle. Ça ne va pas
non ? Les torchons et les serviettes, ha, non, jamais ! Vomitif, n’est-ce pas ?
Exit, le chant, la flute, la peinture, le latin, le grec, et autres dimensions éducatives. Des fois que le populo se permettrait de penser qu’une autre forme de société reste envisageable. Les
dogmatismes de la droite ne sauraient souffrir l’idée même qu'un prolo ne puisse jamais désirer autre chose qu'une vie de prolo, sinon Neuilly-sur-Seine tremblerait sur ses bases.
Réformer l'enseignement est nécessaire, c'est presque stupide que de dire cela, la gauche n'ayant pas eu le courage politique de le faire. De facto, la crise est grave et pénalise la qualité de
notre enseignement. La réforme des universités dans sa forme actuelle, sous condition inaliénable que l'Etat garde le contrôle sur les programmes et l'organisation, plutôt que de laisser au Medef
l'intégrité de l'enseignement. Et les annonces de Darcos vont hélas dans un sens pernicieux et démagogique. La vocation de l’EN n'est pas d'être l'arrière-cour des entreprises !
Au diable les plébéiens.
Bernard.
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