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  • : La formule politico usu insolente implique une vision idiosyncratique détestable de l'espèce humaine. A travers les différents thèmes abordés lors des relations écrites que je popose, je souhaite un échange d'idées et d'analyses sur les fais de société.
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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /Oct /2006 17:44

TRAVAIL

 
 

Selon une récente enquête de LH2 dans le cadre du Manifeste 2007 20 Minutes-RMC, et au grand dam de sieur Sarkozy, 58 % des Français ne veulent pas travailler davantage. À ce sujet, les lecteurs de 20 minutes sont invités à s’exprimer.

Nous sommes propriétaires d’une inestimable et incontournable démocratie depuis plus de deux siècles, et dont la grandeur première est notre liberté de penser, de consommer et même de hurler aux loups. La structure de notre société dite moderne repose sur la capacité de chacun à s’investir dans le tissu économique par son ardeur au travail et à ses capacités d’adaptabilité au sein de l’entreprise qui l’emploie. Sans doute atteint de cécité intellectuelle, je ne parviens pas à faire le lien entre travail, au sens basique et dégradant du terme, et liberté, épanouissement, construction de soi.

Dans son acception étymologique, le mot travail provient du latin trepalium qui désignait un engin de tortures, sur lequel nos amis Grecs et Romains torturaient, pendaient et empalaient allègrement trois crucifiés en même temps. En faire la centralité de notre société moderne et libre me laisse dubitatif. En effet, et n’en déplaise à tous les sarkozistes et autres royalistes primaires de la politique théâtraliste, le travail, celui qui se traduit par le laborieux, la pénibilité, le répétitif et le pourboire en guise de rémunération, demeure particulièrement injurieux pour ceux qui le subissent. Le travail ingrat, astreignant et sous-rémunéré fixe les salariés dans le mépris et une existence par trop limitative, si ce n’est survivante. Ce travail-là ne concerne pas et ne concernera jamais les caciques du verbe et du clientélisme effréné lors des joutes orales qui précèdent les campagnes électorales et autres manifestations incantatoires.

Aujourd’hui, placé entre l’arrogance irrémissible des patrons et une entrée fracassante dans les dossiers poussiéreux d’une ANPE dépassée, et souvent incompétente, le salarié doit faire montre de servilité et de génuflexion face à sa hiérarchie autoritariste. Otage d’une société uniquement basée sur la consommation, tout le monde ne possèdent pas des aptitudes à l’ascétisme, le salarié piétiné par son statut de serf inféodé n’a d’autres choix que de courber le chef et donner ses bras (le proles) et sa sueur afin de survivre sur les quelques subsides que lui autorise une grille indiciaire des salaires de plus en plus « smicardisés ». (2 500 000 de salariés à ce jour ! Bravo l’évolution). À quand la sinisation des salaires,

C’est à cette existence figée dans l’esclavage et la décérébration que Sarko et les autres iconoclastes de la mandature en CDI (merci pour eux) nous invitent à poursuivre. Je leur rétorque, ainsi qu’à leurs thuriféraires à la moralisation vacillante, que si l’homme peut se créer dans l’art, la culture et la passion, je ne crois nullement à ce qu’il se détermine dans une ataraxie illusoire, voire fantaisiste, due en grande partie à une maltraitance physique et psychologique que lui confère sa servilité à un ordre établi depuis la nuit des temps.

Par ailleurs, il n’est que de constater que ceux qui promeuvent le travail forcé en sont épargnés. Ils ne sont là que pour en retirer le maximum de profit. Ils s’enrichissent tandis que les travailleurs restent pauvres. Pourvu que ça dure, n’est-ce pas ?

Vous avez dit liberté, démocratie, dignité ? Cherchez l’erreur.

 

 

BERNARD

Par Bernard - Publié dans : politico.usu.insolente
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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /Oct /2006 17:42

PANEM ET CIRCENSES

 

L’état de santé sociale de la France, tout comme celui de la plupart des pays européens, demeure préoccupant pour les catégories besogneuses. Depuis une vingtaine d’années, curieusement sous le double septennat socialiste, la fracture sociale ne cesse de s’accroître. La pauvreté s’étale au prorata des richesses engrangées par les possédants. L’existence devenue surréaliste pour les travailleurs lambda ne procède que par la rigueur budgétaire, des salaires de la honte, des contraintes difficiles, de la pénibilité et de l’horreur du chômage.

Depuis les années quatre-vingt, l’arrogance patronale reste de mise, le pouvoir d’achat stagne, voire s’effrite, tandis que la vie s’écoule douloureusement, toujours plus incertaine, instable, laborieuse et, souvent, insupportable. S’il demeure exact de faire porter cette désocialisation au patronat, l’implication du pouvoir politique est tout autant responsable.

Les premiers en créant l’artificialité d’une mondialisation économique qui s’abreuve dans la tourmente imposée aux travailleurs de la planète par la dérégulation du code du travail. Les emplois à mi-temps, à tiers-temps[1], la productivité dominante, les délocalisations, facteurs de drames terrifiants pour les licenciés[2]sont devenus le parangon d’une société à plusieurs vitesses où l’opulence éhontée accable les miséreux dans la turpitude et le déclin social.

 

Tous les quatre ans, les dieux du football garantissent un mois de tranquillité planétaire aux différents gouvernements, dont le nôtre. Aux quatre coins de l’hexagone, aux seins de certaines entreprises, de plus en plus de bistrots qui, consommation oblige, proposent la retransmission des matchs sur des écrans géants, ainsi que dans la plupart des chaumières, la France cocardière s’émeut, se lamente, trépigne, exulte, ironise ou s’extasie aux confins d’émotions souvent insoutenables. Des millions de gens de toutes catégories se rassemblent, s’unissent, braillent, vocifèrent, se répandent en joie exacerbée ou en larmes incontrôlées. C’est selon ! Par millions, le peuple se regroupe, s’unit jusqu’à l’osmose. La nation demeure les yeux rivés sur la télévision où sourdent les superlatifs des commentateurs experts en communication. Les flashs crépitent, les Unes s’en font des choux gras, les chaînes se déchaînent, les émissions spéciales se multiplient. Quant aux rediffusions, elles fleurissent à longueur d’ondes hertziennes et câblées !

Les intéressés se délectent, face à une telle profusion d’images et de son, bien calés devant leur fidèle téléviseur haute définition. Ils s’abreuvent d’infos, revoient en boucle les documents importants, les fautes, les penalties et autres coups francs, mais également les trop nombreuses simulations[3]rarement sanctionnées – c’est du foot, merde – ou bien encore les hors-jeu non signalés ou évidents… Selon que l’on soit dans un camp ou dans l’autre, les intérêts divergent, les témoignages et les explications suivent des voies profitables pour les deux camps. Là, dans une pagaille indescriptible, assenés de lazzis, de rodomontades et de frustrations, de hurlements, de colère et d’irritation, voire d’agressions verbales et physiques, les modèles du respect et de l’entente cordiale font tout ce qu’ils peuvent pour vaincre.

Et oui ! Dans notre monde moderne les perdants n’ont pas leur place.


Dès lors qu’en est-il des valeurs moralisantes distillées par les caciques de l’hypocrisie et de la malhonnêteté ? Afin d’asseoir la victoire coûte que coûte, que penser des artificieux entraîneurs, des présidents âpres aux gains, des communicants moulés dans le manichéisme fétide ? Qu’en est-il de cette boue pestilentielle jetée sur la plèbe complaisante puisque complice jusqu’à l’hérésie ? Le respect de l’autre, vaste vœu pieu.

Panem et circenses. Comment ne pas interpréter cet aphorisme juvénalien comme l’ingrédient principal d’une société lobotomisée, en perte de véritables valeurs humanistiques, offert par des gouvernements empêtrés dans leur incapacité à relever les défis réels de la société, mais également soucieux de préserver une aura régalienne, notamment celle qui permet l’acquisition du prestige, de la puissance et de l’aisance matérielle. Le pouvoir politico-médiatico-financier, celui qui réunit en son sein l’élite mondiale, peut continuer à narguer la plèbe, à dominer le troupeau grégaire, à pérenniser sa suffisance.

Quant aux autres, les miséreux, les chômeurs, les allocataires de prestations sociales[4], les gosses non rémunérés que les entreprises utilisent depuis des années[5] et tous les bâtards planétaires dont le seul intérêt existentiel procède aux usages que peuvent en effectuer les exploitants de tout ordre. Il est vrai que ces esprits lobotomisés ne méritent aucune reconnaissance.

Un jour prochain, quelques contemplateurs se pencheront sur une réalité aussi comique que sordide : comment les crèves-la faim peuvent-ils de la sorte glorifier les milliardaires du ballon rond et les porter sur les fonds baptismaux d’un déisme primaire ?

 

 

BERNARD



[1] C’est l’une des formes les plus coercitives pour les employés forcés d’effectuer plusieurs plages horaires par jour sur les lieux de leur exploitation. Imaginer ce que subit un employé qui, durant ses pauses, se voit contraint de rester près de son travail, n’ayant ni le temps ni les moyens de locomotion adaptés pour se rendre chez lui déjeuner.

[2] Tous ceux qui ne trouveront pas les moyens d’un replacement ou d’un retour vers l’emploi, bénéficieront d’environ deux années d’ASSEDIC et d’allocations diverses avant de basculer dans la cohorte miasmatique des Rmistes, ces profiteurs du système selon d’aucuns.

[3] Déjà tout petits, les gamins apprennent à utiliser la triche footballistique, poussés en cela par les spécialistes de la victoire à tout prix.

[4] Le gouvernement n’a pas souhaité déplaire au patronat et donc a refuser une augmentation du RMI pour l’exercice 2006.

[5] Merci les socialos.

Par Bernard - Publié dans : politico.usu.insolente
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