Selon une récente enquête de LH2 dans le cadre du Manifeste 2007 20 Minutes-RMC, et au grand dam de sieur Sarkozy, 58 % des Français ne veulent pas travailler davantage. À ce sujet, les lecteurs de 20 minutes sont invités à s’exprimer.
Nous sommes propriétaires d’une inestimable et incontournable démocratie depuis plus de deux siècles, et dont la grandeur première est notre liberté de penser, de consommer et même de hurler aux loups. La structure de notre société dite moderne repose sur la capacité de chacun à s’investir dans le tissu économique par son ardeur au travail et à ses capacités d’adaptabilité au sein de l’entreprise qui l’emploie. Sans doute atteint de cécité intellectuelle, je ne parviens pas à faire le lien entre travail, au sens basique et dégradant du terme, et liberté, épanouissement, construction de soi.
Dans son acception étymologique, le mot travail provient du latin trepalium qui désignait un engin de tortures, sur lequel nos amis Grecs et Romains torturaient, pendaient et empalaient allègrement trois crucifiés en même temps. En faire la centralité de notre société moderne et libre me laisse dubitatif. En effet, et n’en déplaise à tous les sarkozistes et autres royalistes primaires de la politique théâtraliste, le travail, celui qui se traduit par le laborieux, la pénibilité, le répétitif et le pourboire en guise de rémunération, demeure particulièrement injurieux pour ceux qui le subissent. Le travail ingrat, astreignant et sous-rémunéré fixe les salariés dans le mépris et une existence par trop limitative, si ce n’est survivante. Ce travail-là ne concerne pas et ne concernera jamais les caciques du verbe et du clientélisme effréné lors des joutes orales qui précèdent les campagnes électorales et autres manifestations incantatoires.
Aujourd’hui, placé entre l’arrogance irrémissible des patrons et une entrée fracassante dans les dossiers poussiéreux d’une ANPE dépassée, et souvent incompétente, le salarié doit faire montre de servilité et de génuflexion face à sa hiérarchie autoritariste. Otage d’une société uniquement basée sur la consommation, tout le monde ne possèdent pas des aptitudes à l’ascétisme, le salarié piétiné par son statut de serf inféodé n’a d’autres choix que de courber le chef et donner ses bras (le proles) et sa sueur afin de survivre sur les quelques subsides que lui autorise une grille indiciaire des salaires de plus en plus « smicardisés ». (2 500 000 de salariés à ce jour ! Bravo l’évolution). À quand la sinisation des salaires,
C’est à cette existence figée dans l’esclavage et la décérébration que Sarko et les autres iconoclastes de la mandature en CDI (merci pour eux) nous invitent à poursuivre. Je leur rétorque, ainsi qu’à leurs thuriféraires à la moralisation vacillante, que si l’homme peut se créer dans l’art, la culture et la passion, je ne crois nullement à ce qu’il se détermine dans une ataraxie illusoire, voire fantaisiste, due en grande partie à une maltraitance physique et psychologique que lui confère sa servilité à un ordre établi depuis la nuit des temps.
Par ailleurs, il n’est que de constater que ceux qui promeuvent le travail forcé en sont épargnés. Ils ne sont là que pour en retirer le maximum de profit. Ils s’enrichissent tandis que les travailleurs restent pauvres. Pourvu que ça dure, n’est-ce pas ?
Vous avez dit liberté, démocratie, dignité ? Cherchez l’erreur.
BERNARD