GHETTOÏSATION D’UNE SOCIETE
La société de surconsommation, ce terreau habilement structuré d’enrichissements éhontés en faveur d’une minorité, cette soif existentielle pour la masse grouillante, génère quantité de dysfonctionnements. Ceux-ci s’illustrent par toute une stratification catégorielle où se découvrent les drames les plus horribles. Notre bel Hexagone compte dans son sein 13 millions d’économiquement malheureux dont 7 millions de pauvres.
Cette frange de la population connaît les emplois précaires, les chômeurs, les Rmistes, les clochards et toute la gamme des « bas salaires ». Originellement, cette population trouve ses racines sur les lieux d’un habitat ghettoïque. Le chômage, une désolation minérale, un environnement bétonné et surpeuplé auquel s’ajoute une distorsion relationnelle (famille, faillite scolaire, irresponsabilités multiples…) ainsi que le tracé d’un avenir obscurci par une trop grande et trop certaine limitation vers l’évolution sociale. Des années de débats politico-politiciens, des mesures timorées et surtout éloignées des besoins réels et urgentissimes, un évident manque d’implication des élus (je-m’en-foutisme) à vouloir extirper ces populations de leur profonde détresse ne résolvent pas ce cancer social. A contrario, il devient politiquement structuré et entretenu.
Malgré tout cette population consomme. Elle oriente ces choix vers des produits de moindre qualité, notamment hygiénique, alimentaire. De même, et pour ne citer que ceux-ci, elle évolue dans un environnement où se conjuguent l’inconfort de l’habitat, l’insécurité, l’inquiétude, une hygiène de vie minérale, là où l’œil ne croise que le béton froid, les barres disgracieuses, les tours écrasant la lumière, en fait, un espace de vie souvent inhumain.
Autour de la capitale européenne, au sein d’une de ces cités-dortoirs, la cité Nucléaire de Cronenbourg voit s’entasser 10 000 personnes dans une ghettoïsation relevant de différentes volontés élitaires, économiques et politiques. Partagée entre petits boulots et salaires rarement valorisants, cette population s’échine au seuil de la survie et, pour les plus précarisés, dans la sous-vie.
Au-delà des travers comportementaux – économies parallèles et trafics en tout genre – mais aussi déshérence, désocialisation, sous-citoyenneté, chômage endémique (plus d’un tiers des jeunes sont concernés), misère exponentielle, abandon de soi et non respect des règles communes de la société, scolarité en faillite, genèse d’un échec social et vacuité existentielle – la cité demeure néanmoins un terreau de richesses et d’échappées salutaires vers des horizons davantage innovants et structurants. L’un des pôles associatifs de rassemblement, l’Aquarium, aide les jeunes dans leur entreprise insertionnelle et de construction de soi, au travers de multiples activités physiques et ludiques, parascolaires, échanges culturels, regroupements festifs, animations diverses…
Voici un fourre-tout pictural que l’on identifie chez certain de ces jeunes.
I L’insertion.
Trouver un emploi est, malheureusement pour un grand nombre, devenu quasi impossible. Peu de culture, aucune compétence professionnelle, pas de qualification ; ceci brosse un portrait fidèle de ces désocialisés. En outre, issus de la misère (culturelle, matérielle, relationnelle), ces jeunes arborent des comportements souvent imbéciles. Un spectacle véhiculé à travers les médias qui se font le chantre de la bonne parole et de l’analyse facile. Voir les émissions poubelles d’une télévision sulfureuse, dont le contenu et les messages ne servent qu’à remplir les dépotoirs de la suffisance moraliste des animateurs égocentriques aussi mièvres que lamentables accrochés à leur micro et présentant un faciès lustré. Hélas, l’impact véhiculé par la starisation - souvent éphémère - l’argent facile et la société de l’image procèdent d’un machiavélisme organisé par le pouvoir politico-médiatique, mais également par le manque de distanciation d’une population consensuelle. Cette orientation prend sa source, semble-t-il, sur l’hypothèse selon laquelle les populations besogneuses présenteraient une lobotomisation généralisée. Alors que le vulgum pecus, en grande souffrance, n’aspire qu’à améliorer, peu s’en faut, une existence stratifiée dans le médiocre et le vulgaire.
Ces gens effacés, démunis de réflexions profondes sur les éléments essentiels d’une société élitaire structurée depuis la nuit des temps par des minorités au sommet de leurs potentialités intellectuelles, cognitives et capitalistiques, demeurent cantonnés dans l’assujettissement. Ils n’ont d’autres moyens que de suivre les orientations verticales, c'est-à-dire dictatoriales et iniques, d’une élite arrogante. D’ailleurs, pour la masse grégaire, qu’importent ses douloureuses lamentations, ses aspirations légitimes, une progression sociale à laquelle elle n’est pas invitée ; qu’elle travaille et qu’elle trépasse, doit-on penser en haut lieu.
Même si la pauvreté d’aujourd’hui n’est pas comparable à celle des siècles précédents, elle reste néanmoins intolérable et irrémissible. Cette survie est condamnable car organisée par l’ensemble des trusts financiers et des agioteurs, c'est-à-dire de la perversité et de la cruauté de certains mandarins au règne césariste. A cela il faut lier des gouvernants demeurés aux ordres des diktats imposés par ceux-là mêmes qui organisent une société souffreteuse face à une minorité monopolisatrice des richesses développées. Tout cela forme des lobbys internationaux gracieusement couvés par tous les gouvernements de quelque nature qu’ils soient. Ces forces en présence constituent une terrible dévastation pour le bas peuple. Quant aux jeunes des cités…
Peut-on comprendre leur haine, leur violence, leur dénie de toute la société conservatrice et réactionnaire aux changements structurels et salutaires ? Peut-on accepter leurs réseaux parallèles –drogues, prostitution et autres activités souterraines et délictueuses, plus que lucratives ? Au-delà de la répression qui, à ce stade, ne présente aucune morale – si ce n’est pour ne pas entacher les principaux fondements d’une société élitaire et, nécessairement, sectaire et ségrégationniste, on reste en droit de se demander à qui le crime sociétal profite. Le sectarisme des monopolistes des richesses matérielles, cognitives, intellectuelles et de tous les pouvoirs injonctifs, arbitraires, est à comparer à l’existence figée des jeunes sans avenir. Ces derniers se meuvent dans l’injustice, l’ostracisme régnant, le rejet et la non-reconnaissance. De plus, ils demeurent frontalement opposés aux diktats de l’impossibilité à pouvoir s’élever et à se structurer au sein de la société. Si ce n’est qu’à travers les petits boulots, les stages valises ou bien, pour les plus méritants, un CDI payé au Smic.
Nous sommes les témoins, dès lors, de jeunes stagnant dans la pauvreté, dans l’accoutumance aux désirs impossibles à acquérir, même au prix de drastiques sacrifices, à des luttes quotidiennes dans la douleur et le renoncement. Les quelques réussites rencontrées, souvent, s’opèrent dans les larmes et l’amertume. Ceux qui y trouvent un semblant de compte s’en contentent avec fatalisme. D’autres, non !
Le tissu associatif tente de créer des liens intergénérationnels et de canaliser les énergies, notamment celles des jeunes. Malgré de grandes dépenses d’ingéniosité et d’adaptation de la part des responsables de secteurs, ainsi que par la multiplication des contacts sportifs et culturels, les associations demeurent confrontées à d’énormes difficultés. Le manque de moyens humains et financiers, l’insuffisance de locaux répondant aux attentes des jeunes sont à ajouter au désintérêt des élus de quartiers qui, bouffis d’autosatisfaction aussi béate qu’indifférente, et seulement soucieux de la reconduite de leurs mandatures, ne répondent de leur présence qu’à des fins carriéristes.
De fait, les dérapages s’expriment, les dysfonctionnements s’accroissent et la rancœur des naufragés sociaux se poursuit. Cette population se stratifie dans la pauvreté et le désœuvrement. Comment s’étonner de sa non-participation citoyenne lors des élections notamment et, a contrario, de sa fuite vers le communautarisme et la méfiance de l’autre ? Ces gens rejettent les fondements d’une société qui, par principe, se déclare ouverte et intégrative, mais qui laisse fermer les portes de l’intégration.
Société du refus et du dénie, les dernières décennies ont favorisé une frange de la population de plus en plus importante pour qui la violence et le non-respect demeurent le seul véhicule comportemental et l’affirmation de soi. Inutile de dire que cette évocation de la haine s’abat sur des victimes innocentes qui n’en peuvent : agressions physiques, vols et vandalismes, économies souterraines… De plus l’émergence de bandes organisées, de facto davantage dangereuses et productrices dans leurs sombres desseins, pose de gros problèmes à ceux qui restent chargés de la sécurité. Le laxisme des différents gouvernements en matière d’intégration a largement contribué à cette envolée de la violence.
II Le rôle des parents.
En marge de la culture, décalés de la réalité par la non-maîtrise de la langue officielle du pays d’adoption et méconnaissant les règles et les coutumes de la société française, les adultes restent dans l’attentisme mais aussi dans une certaine déresponsabilisation de leur autorité parentale. On peut se demander si le pays d’accueil leur offre les outils nécessaires à comprendre et à pouvoir assumer leurs responsabilités sur le comportement imbécile de quelque jeunesse égarée et dangereuse. Mais comment faire l’impasse sur la peur imposée aux adultes par leur propre progéniture, celle qui, aujourd’hui, conquiert ses repères non pas auprès des parents soucieux de l’avenir, mais s’accomplit au milieu des copains, du collège, de la télé, de l’image. Une peur qui réside sur la multiplication de ces égarements, si violents, si soudains, si rageurs, si incontrôlables.
En effet, par une simple constatation, on peut s’apercevoir que la maîtrise du père de famille n’est plus aussi évidente qu’elle ne l’était il y a quelques années. Aujourd'hui, plus proches de la soixantaine, ces pères ne possèdent plus la combativité, la ténacité caractérielle qui les faisaient craindre de leurs enfants. A fortiori, totalement décalés face aux changements que connaît la société, ils demeurent désarmés et incapables d’assuré le contrôle comportemental des plus jeunes. Dès lors comment s’étonner du manque de repères, de respect de l’autre, lorsque le déficit d’éducation reste le socle de l’élévation des gamins. Et lorsque tout ce petit monde se retrouve dans le giron de l’éducation nationale, nécessairement, les dérapages, bien qu’inadmissibles, s’accroissent de façon inquiétante.
III Le rôle des médias.
A vouloir déifier le beau et le talentcomposés, le super sexy, le super héros, le superflu, le clinquant dans une temporalité extra illusoire façonnée par les agioteurs de la pub et de l’image, une certaine presse s’autorise à nous montrer le chemin à choisir afin de rester en harmonie avec son temps. A moins de résister et d’apparaître comme étant un ringard, un arriéré ou un diminué neuronal, tant la pression des lobbies coexiste fortement, beaucoup de nos compatriotes s’inféodent et s’identifient à cette exigence comportementale. Aujourd'hui, nous vivons dans la paillette, nous succombons aux charmes patinés des animateurs de la télé qui, brillamment éclairés sous les sunlights, nous vantent une société conquérante et heureuse de vivre. C’est la société de l’image, de la mode éphémère et du paraître. Chaque soir, des millions d’Homo sapiens se prélassent confortablement affaler devant leurs téléviseurs, alors qu’un grand nombre d’entre eux connaissent une existence particulièrement difficile.
Car que dire de celui qui, très tôt le matin, se précipite sur les chemins de l’exploitation et du productivisme ! Que dire de ses conditions de travail d’une rare sinécure, que chacun peut mettre en exergue et comparées avec les royalties des stars de la planète image ! Où se niche la morale tant vantée par les ténors de l’ordre et du dirigisme élitaire ? Quel titre donner à un système social et une institution républicaine (la belle pute) aussi injustes, tellement discriminatoires et sacrificiels ? Un système qui, selon les comparaisons de valeur, n’est qu’une blessure béante et insultante pour les « ignorés » et les « perdants ».
Nous nous trouvons à ce jour face à une légitime équation. Le pouvoir rend-il ses bénéficiaires pourris et concussionnaires ? Ou bien, en regard de leur impéritie et de leur impuissance au changement évolutif du peuple souffreteux qui ne croit plus en rien ni en personne, posons la question de leur utilité, de leur légitimité. Au xx1e siècle, le pouvoir appartient à l’argent, aux monopoles des richesses, à ceux qui détiennent les capacités d’exploitation contraire aux droits de l’homme d’une démocratie qui, d’un bout du pied écrasant, en vante les vertus. Nous constatons que le discours des dames patronnesses de la morale souveraine en manque totalement. Vous avez dit éthique, noblesse de l’espèce humaine ! Vous avez entendu parler de la dignité de la fonction d’Etat, de sa rectitude et de sa grandeur !
A l’évidence, comme n’importe quelle société animalière, les hommes doivent se circonscrire et trouver leur épanouissement en se référant à un code, à une structure sociale commune et intégrative pour chacune de ses composantes. Hélas, les dérapages demeurent nombreux. Ils restent le ferment d’une sous-société. Sa dénégation utilisée par le profit entraîne la culture même de la pauvreté et de l’écartement à la jouissance matérielle et existentielle. Ceci perdurera tant que le système économique permettra que la richesse développée par la majorité vienne dormir dans les coffres d’une minorité.
Devant toutes ces problématiques difficiles, le SCS de l’Aquarium tente, avec de faibles moyens, de composer pour les jeunes des pôles d’intérêts innovants et fédérateurs. Depuis dix années déjà, et bien que très encourageants, les résultats restent en dessous des espérances des animateurs. Ces derniers font preuve de beaucoup d’imagination et de dévouement face aux défaillances rencontrées, notamment en regards des moyens financiers trop peu encouragés par la Région. Pourtant les résultats sont probants, flatteurs, même si d’autres impératifs restent en attente parfois insupportable. Quant à la reconnaissance et au mérite des différents acteurs animés autour du responsable de l’Aquarium, elle devrait davantage figurer dans les dossiers d’une administration communale vitriolée de condescendance ou de suffisance. La question est de savoir à quel niveau de responsabilité administrative l’intérêt décroît ? Où commencent le mépris et la déconsidération ? Et, in fine, comment s’opèrent les choix d’une majorité électorale ? Pour quel public ? Pour quelle empathie ? Au fait, quelles sont les catégories sociales qui se désintéressent le plus des élections ? Poser la question, n’est-ce pas y répondre, même lapidairement ?
Tous les SCS rencontrent les pires difficultés de fonctionnement. Aussi sommairement, cette analyse met en relief deux points. Les CSC doivent jouer un rôle qui n’aurait pas lieu d’être si la démocratie avait un sens pour tous. De plus, ils doivent composer en fonction des faisabilités du moment ainsi que des évènements circonstanciels.
Ils ont en charge de minimiser les attentes des uns et des autres par des solutions trop éloignées des espérances. Malgré ses imperfections, dues en grande partie au peu de considération et donc de moyens que leur apportent les élus, les Centres socioculturels offrent aux désocialisés qui fréquentent leurs espaces des changements notoires. En effet, les centres permettent aux jeunes, notamment, une grande prise de conscience. Cela inclut une recherche de soi, un retour ou une découverte de la confiance afin de l’exploiter, la création de nouveaux repères et les échéanciers selon les visées possibles des uns et des autres. De plus, les jeunes s’ouvrent vers des horizons structurants par l’accès aux savoirs divers enseignés par les animateurs, (l’aide aux devoirs par exemple), en dégageant des perspectives innovantes. Enfin, les jeunes affinent leurs connaissances basiques par une mise en condition empirique. Ils se confrontent sur certaines certitudes, échouent sur quelques échecs acceptés en les transformant en tremplins vers de futures réussites. Au milieu de ces attraits, les échanges pluridisciplinaires confortent les sympathisants vers un renforcement des valeurs morales et relationnelles.
IV La légitimité des acteurs sociaux.
Depuis une trentaine d’années, la société française a vu fleurir les CSC. L’État, la Région et les collectivités locales ont mis en place une politique d’accompagnement et de soutien pour les populations à problèmes multiformes. Les associations se sont regroupées autour de cette politique d’occupation et ont contribué largement à leur légitimité fonctionnelle. Ces associations réalisent un travail remarquable dans de vastes domaines qui englobent la qualité de vie des habitants de ces quartiers à problèmes variés. Que se soit en termes de qualité de l’habitat, d’aide à la recherche d’emploi, de socialisation ou de respect de l’autre et de l’environnement. Enfin, les associations autorisent et favorisent toutes les formes de contacts salutaires et multiculturels qui aident à sortir les habitants du quartier, cet espace de vie ghettoïque.
Les difficultés, là encore, demeurent diverses, mais sans doute que la plus importante reste l’absence de culture parentale (relations intergénérationnelles). Nous pouvons penser que le temps impulsera un intérêt commun en faveur des améliorations nécessaires.
Au-delà d’efforts méritoires déployés par les acteurs sociaux, il demeure toutefois regrettable de constater le déséquilibre professionnel et le déficit raisonné présentés par certains des éducateurs. Car il n’est pas rare d’assister aux incompétences, aux irresponsabilités ou au je-m’en-foutisme primaire que d’aucuns démontrent à longueur de temps. Heureusement minoritaires, ces attitudes sont cependant condamnables et devraient être combattues. Avant de se prévaloir de vertus et de compétences éducatives, un minimum d’exemplarité de valeurs morales serait une garantie de la crédibilité de chacun des éducateurs concernés.
Néanmoins on ne remerciera jamais assez le travail remarquable, le dévouement, le sens de l’écoute et la pertinence de ceux qui consacrent tous leurs talents à faire en sorte que les choses bougent positivement pour les jeunes.
V Les dysfonctionnements.
La finance reste la pierre angulaire de la structure et du fonctionnement de la société. Il apparaît donc des dysfonctionnements dus en grande partie aux coûts exorbitants que requièrent les politiques dites sociales. Les moyens mis en place par les collectivités locales et nationales demeurent très souvent insuffisants et les responsables des CSC doivent composer par ajustements et compromis. Parfois douteux, mais obligatoires, des choix drastiques doivent s’opérer. Ils se traduisent par des attentes insupportables, des remises en cause de projets pourtant préétablis. Malheureusement, les dispositifs mis en avant constituent, tels des cautères sur une jambe de bois, des pis-aller rarement satisfaisants, et pour les usagers des centres, et pour les équipes chargées de leur exploitation. Les solutions proposées sont constamment frappés sous le sceau du système D et de l’à-peu-près, et, conséquemment, procèdent au malaise pour l’ensemble des animateurs et des usagers. D’autant que, et nous pouvons aisément le remarquer sur le terrain, les enveloppes budgétaires tirent à la baisse, lorsque, tout simplement, elles ne sont pas supprimées. Malgré tout, les centres réussissent, à force d’abnégation et de volonté, à contenir les impatiences et les déficits de satisfaction. Les efforts déployés par les équipes responsables sont rarement, sinon jamais, payés en retour, ni par les pouvoirs publics ni par les usagers eux-mêmes. Quant aux parents !
Aussi simple et succincte soit-elle, cette étude repose sur un constat établi au bout de plusieurs mois d’observation. Au-delà de sa pertinence, ou de son impertinence, elle n’a d’autre ambition que de coller à une réalité, que d’aucuns tentent de camoufler, ou en tout cas de minimiser par des discours circonstanciés et convenus, à savoir la vie difficile et misérabiliste de cette frange de la population. Une population écartée des chemins de la réussite et stratifiée dans la désillusion.
Bernard. Février 2006